INFOLETTRE FEVRIER 2026

Anne Le Bouëtté Par Le 13/02/2026

Février, c’est un mois-seuil : la lumière revient, doucement. Dans cette infolettre, je relie anxiété et confiance en soi, avec un mini-rituel simple : un souffle, un petit pas, une preuve. Bonus : ce mois-ci, deux chansons au lieu de lectures.

 

Temps de lecture: 4min

La Chandeleur, fêtée chaque 2 février, célèbre l’épisode biblique de la présentation de Jésus au temple. Dans la tradition juive, la mère se présentait au temple pour un rite de purification, et l’enfant était présenté comme premier-né à Dieu, quarante jours après la naissance.
Comme certaines fêtes chrétiennes, elle s’est aussi installée à une période où, depuis longtemps, on célèbre le retour progressif de la lumière. Début février correspond d’ailleurs, “grosso modo”, à la mi-saison entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps.
C’est le temps d’hiver qui finit de préparer le printemps, le temps peut-être de la réflexion sur soi, son futur désiré, son passé digéré… ou pas.

Et si, cette année, on utilisait cette histoire de lumière pour parler d’un duo très fréquent au cabinet (et dans la vie en général) : l’anxiété et la confiance en soi.

 

L’anxiété, ce projecteur qui éclaire trop loin

L’anxiété, c’est souvent l’anticipation d’un “problème à venir”. Elle se colle volontiers aux muscles (tensions ou figement), et elle pousse parfois à éviter.
Le souci, c’est qu’à force d’éviter, on envoie au cerveau une petite carte postale involontaire : “Tu vois, c’était dangereux, heureusement qu’on n’y est pas allé.” Et l’anxiété se dit : “Parfait, je prends le poste de direction.”

 

La confiance, elle, n’est pas un trait de caractère : c’est un muscle (qui aime les petites séries)

La confiance en soi, dans la vraie vie, ressemble moins à une armure qu’à une compétence qui se construit.
Le psychologue Albert Bandura a beaucoup travaillé sur l’auto-efficacité : l’idée, en bref, que croire “je peux faire face” influence nos choix, et notamment l’envie (ou non) d’entrer dans certaines situations.
Et là, on tient le fil qui relie anxiété et confiance :

plus je me sens capable, plus je tente, même petit

plus je tente, plus j’accumule des preuves concrètes

plus j’ai des preuves, plus l’anxiété baisse le volume (elle n’aime pas perdre le micro)

Et si on mettait tout ça dans une poêle, version février ?

 

Deux mini-exercices (courts, mais pas “petits”)

1) L’exercice de la “mini-crêpe du courage” (5 minutes)

Objectif : fabriquer une preuve de compétence, même minuscule.

Choisissez une situation qui vous crispe un peu (un appel, un mail, une démarche, une conversation, un rendez-vous, une décision…).

Découpez-la en mini-actions possibles de 2 minutes (on y revient, aux mini-actions, mais parce que ça fonctionne!).

Exemples :

ouvrir le courriel sans répondre

écrire l’objet du message seulement

noter 3 phrases possibles pour dire non

chercher un numéro, sans appeler

Faites cette mini-action. Puis écrivez :

Ce que j’ai fait (factuel)

Ce que ça prouve sur moi (ex : “je peux commencer”, “je peux tolérer l’inconfort”)

La prochaine mini-étape (plus simple que “la grande étape”)

C’est du Bandura en version cuisine : on ne “devient pas confiant”, on fabrique et on collectionne des micro-preuves et ainsi on nourrit la confiance au fur et à mesure.

2) La “respiration freinante” (2 à 4 minutes)

Objectif : aider le corps à sortir du mode “alerte” (et donc aider l’esprit à moins s’emballer).

Essayez la respiration en carré, très simple :

inspirez sur 4

retenez sur 4

expirez sur 4

retenez sur 4
Répétez 4 fois.

Si vous avez tendance à partir dans la tête, fixez un point et gardez votre langue immobile dans la bouche et concentrez-vous sur la sensation.

(Important : si un exercice respiratoire vous donne des symptômes gênants type étourdissement, douleur, essoufflement inhabituel, vous arrêtez et vous demandez un avis médical.)

Une phrase à garder dans la poche (genre “post-it intérieur”)

“Je peux être anxieux(se) et compétent(e) simultanément.”
L’anxiété n’est pas une preuve d’incapacité. C’est une alarme. Parfois trop zélée ou sensible, certes, mais seulement une alarme.

 

Et si, en février, vous testiez ceci :
d’abord un souffle pour calmer le corps, puis un tout petit pas, et enfin une phrase pour garder la preuve.

 

Pour terminer, petite nouveauté : ce mois-ci, je vous propose deux chansons plutôt que des lectures:

1) Pour nommer l’orage : “Anxiété” de Pomme
Parce que parfois, rien que mettre des mots, ça baisse déjà le volume à l’intérieur.

 

2) Pour se redresser sans nier la peur : “Ma philosophie” d’Amel Bent
Le fameux “viser la lune” me plaît parce qu’il ne promet pas une vie sans tremblements. Il dit juste : je continue.

Mini-rituel en 6 minutes

Après Pomme, notez une phrase : “Mon anxiété essaie de me protéger de…” (sans juger, juste constater).

Après Amel Bent, notez une phrase : “Et moi, aujourd’hui, je choisis de…” (une action minuscule suffit).
Deux façons d’allumer une lumière intérieure : “Anxiété” (Pomme) pour mettre des mots, et “Ma philosophie” (Amel Bent) pour se redresser.

Si l’anxiété prend trop de place, qu’elle dure, qu’elle vous enferme ou vous épuise, sachez qu’il existe des prises en charge efficaces.
Parlez-en à votre médecin, il aura sans doute un conseil à vous donner voire un ou une thérapeute à vous recommander.

Je vous souhaite un mois de février avec un peu plus de lumière à l’intérieur, quelle que soit la météo à l’extérieur.

Bien à vous,
Anne