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UNE REGRESSION DANS LE PASSE AVEC L'HYPNOSE

Par Le 07/10/2020

Du canoé dans les roseaux

 

A., la trentaine, vient me voir en 2ème séance. Il n’a pas l’impression que grand-chose a bougé depuis la 1ère séance et voudrait vraiment apprendre à réguler ses émotions. Depuis toujours il est hypersensible, et pleure facilement, ce qui lui valait des remarques désobligeantes de la part de son père dans son enfance.
Il est artiste et se met la pression quand il dessine pour ses projets personnels. Il a l’impression d’être trop tributaire du regard des autres.
Il est très mal à l’aise en société lorsque le groupe d’individus dépasse 5 et devient alors comme transparent, car il ne peut pas surveiller la réaction de chacun.
Il a aussi des petites obsessions qui lui pourrissent la vie, des détails sur lesquels il s’attarde car tout n’est pas parfait, et qui le bloquent, qui l’empêchent même de respirer.
Il souhaite contrôler mieux ses émotions et s’affranchir du regard des autres, se permettre, s’autoriser à être vraiment lui-même.
Globalement tout va bien dans sa vie et il a l’impression de se saboter lui-même ; il veut avoir confiance en lui.
Il a l’impression de ne pas s’être complètement laissé aller lors de la 1ère séance.
Alors on teste ensemble des trucs hypnotiques rigolos, histoire de voir ce qui lui convient le mieux. Et quand il imagine qu’il a 2 aimants dans les mains, au lieu de s’attirer elles se repoussent. Je l’encourage à laisser faire et peu à peu A. entre dans une transe de plus en plus profonde alors même que ses mains sont en mode automatique et finissent par se joindre et se relâcher complètement sur les cuisses, avec tout le reste qui part en transe hypnotique.
Puis je demande à son inconscient de voyager dans le passé, aller chercher un plus jeune qui a manqué de quelque chose, en lien avec ce que l’on travaille.
Et je fais parler A.
Il est à bord d’une sorte de Nautilus en bois et voyage dans son passé. Au début il ne voit rien que du noir et des roches ; puis il y a des algues, du vert et une sorte de canyon. Et il se retrouve dans un souvenir très ancien où il fait du canoé tout seul dans les roseaux verts. Ses parents ont demandé au loueur s’il n’est pas trop petit et le loueur a dit : « non, il peut prendre un canoé tout seul ».
L’inconscient a choisi ce souvenir là plutôt qu’un souvenir difficile comme il lui était suggéré et il a bien fait ! A. m’expliquera plus tard qu’il s’est senti capable, comme si à l’intérieur ça lui disait : « tu es capable ! ».
J’invite ensuite l’inconscient à examiner tous les souvenirs de théâtre, d’animations de spectacles du passé pour en retirer tous les apprentissages utiles pour A. de manière qu’il puisse apprendre à être aussi libre du regard des autres dans la vie future, que dans ces expériences passées.
L’inconscient intègre tout ça et en profite pour installer le régulateur d’émotion à l’intérieur (A. le voit comme une sorte de robinet qu’on ferme plus ou moins).

Puis A. ressort de sa transe hypnotique et est très étonné. Cette fois il est mieux parti ! Il ne voyait aucune machine à remonter le temps au début, puis est venu le Nautilus en bois, et ensuite il ne voyait rien à travers le hublot du Nautilus, et c’est survenu d’un coup à sa grande surprise.
Quelques semaines plus tard, A. m’envoie un message pour m’informer de ses changements dans ses relations aux autres, dans ses projets professionnels et de sa grande satisfaction à propos de tout cela.
Bref, une séance très fructueuse pour lui et je m’en réjouis !

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UNE GROSSE PEUR D'ENFANT

Par Le 03/07/2020

Mortelle Adèle et l’ami imaginaire

C’est une pétillante petite fille de 9 ans qui vient me voir avec sa maman. Je vais l’appeler Clémentine.
La première chose qu’elle fait est d’aller à la fenêtre voir son école qu’elle n’imaginait pas du tout comme ça vue du 9e étage de mon cabinet, et cela semble l’amuser.
Elle me dit qu’elle a peur d’aller seule dans sa chambre pour ranger ses vêtements car il y a une silhouette noire effrayante près du rideau, en partie cachée par l’armoire.
Ses yeux se remplissent de larmes.
Elle ne voit que la tête de la silhouette jusqu’au milieu du front et ne veut pas la regarder tellement elle lui fait peur.
Elle me montre aussi le dessin d’un monstre dans un livre de son frère qu’elle ne peut pas regarder car elle imagine qu’il va sortir du livre et lui faire du mal.
Lorsque je lui demande ce qu’elle aime faire, elle me répond qu’elle aime lire des histoires de mortelle Adèle. C’est une petite fille qui n’aime pas les trucs de fille comme le maquillage et qui est très rigolote : par exemple, lorsqu’elle reçoit un livre en cadeau elle le trouve très pratique pour caler un pied de meuble bancal. Clémentine rit de bon cœur.
Le plus intéressant dans tout ça est son ami imaginaire Magnus qui se transforme au gré de ses besoins et l’aide dans sa vie.
"Et toi Clémentine ? Si tu avais un ami imaginaire, il s’appellerait comment ? "
La réponse fuse instantanément : "il s’appellerait Christophe ! et il serait complètement bleu turquoise (sa couleur préférée.)"
On fait un petit jeu pour commencer ensemble. On imagine un fil invisible au-dessus de la main gauche,, tenu entre l’index et le pouce de la main droite. On déplace la main gauche vers le haut, vers le bas, vers la gauche, et je lui demande tout à coup: "et que se passe-t-il si la main droite lâche le fil?" et Clémentine lâche aussitôt le fil en laissant tomber brutalement la main gauche sur la cuisse. Je l’imite et elle éclate de rire.
On recommence l’expérience et de nouveau on s’amuse à laisser tomber la main.
Puis elle ferme les yeux et imagine que cette main se soulève un peu et l’aide à partir dans un rêve.
Je lui suggère de demander à Christophe d’aller voir la silhouette et lui demander ce qu’elle veut. "La silhouette ne veut pas parler" dit Christophe. Mais il trouve le moyen de lire dans ses pensées et comprend que la silhouette veut juste voir Clémentine. Elle s’approche de la silhouette en restant derrière Christophe, qui lui dit que la silhouette veut juste une amie. La silhouette commence alors à se transformer en licorne après un moment de négociation, quand Clémentine accepte d’être son amie.
Elle n’a plus peur du tout.
Puis à l’aide de Christophe elle transforme le monstre du livre en une créature tout à fait sympathique et colorée et elle n’a plus peur.
Et quand sa maman lui rappelle qu’il y a aussi les araignées qui lui font peur, elle les transforme en singes rigolos avec Christophe et n'en a plus peur non plus.
Elle réalise ensuite un beau dessin de tous ces nouveaux personnages et repart en jetant un œil une dernière fois sur la cour de récréation vue d’en haut.
Magique!

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