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L'HYPNOSE POUR LES ENFANTS
L’hypnose pour les enfants
De plus en plus de familles se tournent vers l’hypnose pour aider leur enfant à se sentir mieux, que ce soit à l’école, dans la famille ou avec les amis.
L'hypnose pour les enfants peut se pratiquer à partir de l'âge de 4 ans 1/2. Avant cet âge, le travail thérapeutique se fait avec les parents, car souvent le symptôme exprimé par le bébé qui ne dort pas ou le très jeune enfant qui se réveille systématiquement toutes les nuits vient dire quelque chose de la famille ou du couple parental, et il est intéressant de l'explorer avec la famille.
Notons bien sûr que chaque enfant évolue à son rythme et qu'il est souhaitable de consulter un pédiatre pour un bébé avant de faire quoique ce soit d'autre.
Bien sûr il ne s'agit pas des mêmes techniques que pour les adultes avec les petits.
Avec les jeunes enfants, la communication avec l'inconscient se fait au travers d'une histoire thérapeutique.
Nous commençons par parler de ce que l'enfant traverse comme difficulté.
Puis nous n'évoquons plus son problème directement, car bien souvent il en a assez d'en parler encore et encore;
Nous commençons par apprendre à nous connaitre, créer le lien, et aller dans son pays magique.
Souvent il sait déjà y aller, car les enfants n'ont aucun mal à imaginer quoique ce soit.
Il le décrit et en fait la plupart du temps un dessin, et c'est ainsi que la thérapie commence.
On utilise également les cartes créatives de Lise Bartoli, spécialiste de l'accompagnement des jeunes enfants, et par qui j'ai été formée.
L'enfant imagine une histoire à partir de cartes qu'il tire au hasard et étonnamment, l'histoire imaginée est toujours en lien avec ce que vit l'enfant et ce qui lui pose problème.
L'histoire raconte le problème d'un héros ou d'une héroïne qui se résout grâce à un ou une alliée, qui lui apporte un objet magique.
L'enfant ne fait la plupart du temps pas le lien avec sa problèmatique et ce n'est pas souhaitable, son inconscient se charge de faire ce qu'il y a à faire pour l'aider à partir de cette histoire.
Ce n'est pas son histoire mais l'histoire du héros ou de l'héroïne.
Il y a aussi presque toujours une séance où je lui raconte une histoire spécialement créée pour lui. Elle s'élabore pendant la séance en fonction de ce que l'enfant "apporte" avec lui le jour de la séance.
Quand il s'agit d'un.e pré-ado ou d'un.e ado, on prend aussi le temps de créer le lien thérapeutique et de comprendre son monde, ses centres d'intérêt. En début de première séance l'enfant vient avec son ou ses parents pour discuter le problème puis le ou les parents quittent le cabinet et je travaille avec l'enfant seul.e.
Je lui laisse le soin ensuite de raconter ce qu'il veut de sa séance. Nos échanges restent strictement confidentiels à la condition qu'il ne se mette pas lui-même ou quiconque en danger bien sûr.
L'hypnose peut être plus formelle et "traditionnelle" avec un ado, mais doit rester ludique dans la plupart des cas.
La plupart du temps les enfants viennent un peu contraints par le parent. Il est important que d'emblée ils puissent se rendre compte de l'avantage pour eux à changer.
Il faut qu'ils en aient envie. S'il s'agit uniquement d'une demande parentale, je peux proposer dans un premier temps, une séance uniquement avec le parent pour explorer l'enjeu de la demande, les émotions du parent demandeur par rapport au souci de l'enfant, les impacts sur la famille.
Quels types de problèmes peut-on gérer avec l'hypnothérapie?
Les enfants qui viennent dans mon cabinet avec leurs parents traversent souvent les mêmes difficultés : ils ont parfois des troubles de l’attention, sont hyperactifs ou souffrent d’un trouble dys (dyslexie, dyscalculie, dysphasie ou autre), ce qui leur occasionne un manque de confiance en eux, une perte d’estime d’eux-mêmes et du découragement.
Dans d’autre cas il s’agit d’une impossibilité à gérer leurs émotions, générant des crises de colère pénibles pour l’entourage, ou alors une angoisse à l’idée de quitter le cocon familial et aller à l’école.
Il peut s’agir d’énurésie, quand tout a été investigué médicalement, ce qui l’empêche de dormir chez des amis de crainte de faire pipi au lit chez eux.
Certains ont des phobies, comme la peur panique des araignées, des chiens ou des abeilles.
D'autres éprouvent de réelles difficultés à s'endormir ou sont réveillés par des cauchemars voire des terreurs nocturnes.
Nous commençons à la première séance par parler tous ensemble du problème et chacun donne son point de vue.
Il faut souvent plusieurs séances pour un problème installé depuis longtemps. Si aucun changement n’est constaté au bout de 3 ou 4 séances, cela signifie en général qu'il y a une résistance inconsciente au changement qu'il nous faudra explorer, ou que le problème est entretenu par le système familial, auquel cas il sera intéressant de faire des séances avec l’enfant et ses parents, voire même les frères et sœurs s’il y en a.
Lorsque j’accompagne un enfant, mon but est de le guider à changer puis devenir autonome. C’est pourquoi je lui demande parfois de faire des exercices entre les séances, que ce soit de la sophrologie ou de petites tâches particulières.
Les enfants n’ont la plupart du temps aucune difficulté à entrer en hypnose et nous imaginons souvent ensemble une histoire métaphorique en lien, de près ou de loin, avec leur problème.
Cela va activer des changements inconscients et leur permettre de cheminer à leur rythme vers la résolution ou l’amélioration de la problématique.
Les histoires évoluent au fur et à mesure du cheminement de l’enfant, jusqu’à ce qu’il sache gérer son problème initial.
Parfois cela peut passer aussi par le dessin, ou de petits jeux hypnotiques activés par l’imagination : un bras qui se soulève au fur et à mesure qu’un travail intérieur de libération s’effectue par exemple.
L’accompagnement se termine lorsque l’enfant se sent capable de gérer ses devoirs calmement, a confiance en ses capacités, connaît sa valeur, s’accepte comme il est, sait se concentrer quand il en a besoin, ou parvient à contrôler son comportement avec sa famille ou ses amis, voire s’est libéré de sa phobie ou de son énurésie.
Les séances sont la plupart du temps espacées de 15 jours pour laisser à l’enfant le temps d’intégrer le travail effectué ensemble en séance.
Chaque enfant peut changer, c’est une question de temps. Pour certains (rares il faut quand même le dire) une séance suffit à créer un vrai mouvement et le transformer, pour d’autres il en faut au moins 3 ou 4, voire beaucoup plus, pour obtenir le déclic et évoluer vers quelque chose de plus satisfaisant pour l'enfant et sa famille.
A lire: récit d'une séance
A noter: j'accompagne maintenant de moins en moins d'enfants et me concentre sur le travail avec les adultes. Je vous appellerai donc si vous prenez RV, pour décider si je confirme le RV ou vous redirige vers une consoeur spécialisée sur les thématiques de l'enfance.
UNE REGRESSION DANS LE PASSE AVEC L'HYPNOSE
Du canoé dans les roseaux
A., la trentaine, vient me voir en 2ème séance. Il n’a pas l’impression que grand-chose a bougé depuis la 1ère séance et voudrait vraiment apprendre à réguler ses émotions. Depuis toujours il est hypersensible, et pleure facilement, ce qui lui valait des remarques désobligeantes de la part de son père dans son enfance.
Il est artiste et se met la pression quand il dessine pour ses projets personnels. Il a l’impression d’être trop tributaire du regard des autres.
Il est très mal à l’aise en société lorsque le groupe d’individus dépasse 5 et devient alors comme transparent, car il ne peut pas surveiller la réaction de chacun.
Il a aussi des petites obsessions qui lui pourrissent la vie, des détails sur lesquels il s’attarde car tout n’est pas parfait, et qui le bloquent, qui l’empêchent même de respirer.
Il souhaite contrôler mieux ses émotions et s’affranchir du regard des autres, se permettre, s’autoriser à être vraiment lui-même.
Globalement tout va bien dans sa vie et il a l’impression de se saboter lui-même ; il veut avoir confiance en lui.
Il a l’impression de ne pas s’être complètement laissé aller lors de la 1ère séance.
Alors on teste ensemble des trucs hypnotiques rigolos, histoire de voir ce qui lui convient le mieux. Et quand il imagine qu’il a 2 aimants dans les mains, au lieu de s’attirer elles se repoussent. Je l’encourage à laisser faire et peu à peu A. entre dans une transe de plus en plus profonde alors même que ses mains sont en mode automatique et finissent par se joindre et se relâcher complètement sur les cuisses, avec tout le reste qui part en transe hypnotique.
Puis je demande à son inconscient de voyager dans le passé, aller chercher un plus jeune qui a manqué de quelque chose, en lien avec ce que l’on travaille.
Et je fais parler A.
Il est à bord d’une sorte de Nautilus en bois et voyage dans son passé. Au début il ne voit rien que du noir et des roches ; puis il y a des algues, du vert et une sorte de canyon. Et il se retrouve dans un souvenir très ancien où il fait du canoé tout seul dans les roseaux verts. Ses parents ont demandé au loueur s’il n’est pas trop petit et le loueur a dit : « non, il peut prendre un canoé tout seul ».
L’inconscient a choisi ce souvenir là plutôt qu’un souvenir difficile comme il lui était suggéré et il a bien fait ! A. m’expliquera plus tard qu’il s’est senti capable, comme si à l’intérieur ça lui disait : « tu es capable ! ».
J’invite ensuite l’inconscient à examiner tous les souvenirs de théâtre, d’animations de spectacles du passé pour en retirer tous les apprentissages utiles pour A. de manière qu’il puisse apprendre à être aussi libre du regard des autres dans la vie future, que dans ces expériences passées.
L’inconscient intègre tout ça et en profite pour installer le régulateur d’émotion à l’intérieur (A. le voit comme une sorte de robinet qu’on ferme plus ou moins).
Puis A. ressort de sa transe hypnotique et est très étonné. Cette fois il est mieux parti ! Il ne voyait aucune machine à remonter le temps au début, puis est venu le Nautilus en bois, et ensuite il ne voyait rien à travers le hublot du Nautilus, et c’est survenu d’un coup à sa grande surprise.
Quelques semaines plus tard, A. m’envoie un message pour m’informer de ses changements dans ses relations aux autres, dans ses projets professionnels et de sa grande satisfaction à propos de tout cela.
Bref, une séance très fructueuse pour lui et je m’en réjouis !