
Crise d’angoisse (attaque de panique) : 2 outils d’urgence pour faire redescendre l’intensité
Quand une crise d’angoisse arrive, le corps peut se comporter comme si un dragon venait de s’inviter dans votre salon : cœur qui s’emballe, souffle court, vertige, tremblements, impression de perdre le contrôle… et l’envie très humaine de fuir votre propre corps.
Cette page est là pour une chose simple : vous donner 2 outils d’urgence (faciles, sans matériel) pour faire baisser le volume quand l’anxiété est très haute.
Important : mon accompagnement ne remplace pas un suivi médical. Si vos symptômes sont nouveaux, inhabituels, ou si vous avez un doute (par exemple douleur thoracique, malaise, difficultés respiratoires importantes), demandez un avis médical.
Pour comprendre l’anxiété sur le fond et retrouver un “sol intérieur” plus stable : Anxiété : apaiser le tumulte, retrouver un sol intérieur.
Sommaire
Pourquoi la crise monte si vite (et pourquoi ce n’est pas “juste dans votre tête”)
Une crise d’angoisse peut ressembler à un cercle qui se resserre :
- Une sensation corporelle arrive (palpitations, souffle court, vertige, gorge serrée, sueurs, etc…).
- Le mental l’interprète comme un danger (“Et si je faisais un malaise ? Et si je devenais fou/folle ?”).
- La peur augmente, donc le corps s’active davantage.
- Et ce surplus de sensations confirme la peur… et le cercle repart de plus belle.
Ce mécanisme est décrit dans des modèles cognitifs du trouble panique : l’attaque se maintient notamment par la catastrophisation de sensations corporelles.
Et puis il y a un classique après avoir vécu une ou plusieurs attaques de panique : la peur d’avoir peur.
Hors crise, l’anticipation d’une nouvelle attaque peut entretenir une vigilance anxieuse.
Le système vagal (et le système nerveux autonome) : une boussole utile
Quand ça panique, votre système nerveux autonome appuie sur l’accélérateur (réponse de stress).
Quand ça redescend, il a besoin de retrouver le frein.
Le nerf vague est un acteur important de ce “frein” (voie parasympathique). Il participe à des fonctions automatiques (dont des fonctions cardio-respiratoires et digestives).
L’idée générale : aider le corps à recevoir des signaux de ralentissement et de sécurité.
Vous entendrez parfois parler de “théorie polyvagale”. Certains praticiens l’utilisent comme grille de lecture clinique, mais elle est aussi discutée dans la littérature scientifique.
Je vous la propose donc comme une métaphore possible, pas comme une vérité gravée dans le marbre.
Outil d’urgence 1 : l’expiration longue (le frein d’abord)
Objectif : envoyer au corps un message simple : “Je ralentis”.
On ne cherche pas une performance ou une réussite d quelque chose, on cherche un cran de descente.
Mode d’emploi (2 à 3 minutes)
- Posez une main sur le bas-ventre (juste pour sentir, pas pour contrôler).
- Inspirez par le nez sur 4 secondes (ou plus court si c’est inconfortable).
- Expirez doucement sur 6 secondes (comme si vous souffliez dans une paille imaginaire ou sur une bougie que vous ne voulez pas éteindre mais seulement faire vaciller).
- Répétez 10 cycles.
Si c’est trop difficile : ne forcez pas.
Faites plus simple : inspirez “normalement” et rendez l’expiration un peu plus longue. Même une seconde de plus, c’est déjà un message qui peut aider à freiner.
Phrase optionnelle à glisser pendant l’exercice :
“Mon corps a déclenché une alarme. Je n’ai pas besoin de la casser. Je vais juste baisser le volume, puis l'éteindre.”
Outil d’urgence 2 : défusion + “Butterfly Hug” (mettre la peur à distance)
En crise, le mental peut devenir un commentateur sportif : rapide, dramatique, très convaincu… et pas toujours fiable.
Dans les approches de type ACT (La thérapie d'acceptation et d'engagement ), on parle de défusion : apprendre à voir une pensée comme une pensée (un événement mental), et non comme une prophétie.
Étape A (10 secondes) : nommer la voix anxieuse
Le Dr Philippe Presles propose (dans ses contenus grand public) une idée volontairement “absurde” et souvent efficace : donner un nom farfelu à la pensée anxieuse, pour reprendre une position d’observateur.
Exemples (à adapter à votre style) :
- “Merci Radio Drame FM, j’ai bien reçu le bulletin.”
- “Bonjour Catastrophe-Man, tu es ponctuel.”
- “Ok Gertrude, j’ai entendu.”
Puis, par exemple: "si tu veux bien on va respirer ensemble".
Si vous n’aimez pas l’humour en pleine crise, version neutre :
“Je remarque que j’ai la pensée que…”
Étape B (60 à 90 secondes) : L'étreinte du papillon (tapotements bilatéraux)
L'étreinte du papillon est une méthode de stimulation bilatérale auto-administrée décrite par Lucina Artigas et Ignacio Jarero (butterly hug, utilisée dans certains cadres EMDR, notamment en intervention de groupe).
Mode d’emploi :
- Croisez les bras sur la poitrine, mains sur le haut des bras (comme une auto-étreinte).
- Tapotez alternativement gauche-droite, doucement, à un rythme régulier.
- En même temps, ancrez-vous dans le présent : nommez 3 choses que vous voyez (ex : “une chaise, une poignée de porte, une ombre sur le mur”).
But : ramener le système vers le présent. La crise adore les tunnels. Vous rallumez les lampadaires.
Note : si cette pratique augmente l’inconfort, arrêtez. L’outil doit vous aider, pas vous pousser vers une aggravation.
Après l’urgence : travailler sur le fond (pour que la crise vienne moins souvent)
Les outils d’urgence, c’est le “samu du quotidien”. Utile, précieux. Mais si les crises reviennent, l’enjeu est aussi de travailler :
- la compréhension du mécanisme (pour réduire la “peur d’avoir peur”),
- les évitements qui entretiennent l’anxiété,
- les déclencheurs (internes et externes),
- la régulation du système nerveux au quotidien.
C’est le type de travail que je propose à Paris 3 (ou en visio) avec une approche intégrative : hypnose, EFT et outils inspirés de l’EMDR, en complément d’un suivi médical quand il est indiqué.
Vous pouvez aussi consulter la page Anxiété : apaiser le tumulte, retrouver un sol intérieur.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une attaque de panique ?
Selon l’Assurance Maladie, l’attaque de panique (anciennement “crise d’angoisse aiguë”) peut survenir brutalement et atteint son maximum en une vingtaine de minutes, puis les symptômes diminuent progressivement.
Et si c’est la première fois ?
Si c’est la première crise, et que les symptômes sont très impressionnants, il peut être pertinent de demander un avis médical, surtout en cas de doute. Mieux vaut une vérification claire qu’une inquiétude qui s’installe.
Ces outils marchent-ils en visio ?
Oui : l’expiration longue et la défusion fonctionnent très bien à distance. Le Butterfly Hug aussi, à condition d’être au calme, dans un endroit propice à la confidentialité.
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Et pour ceux qui lisent l'anglais: